142 : sud marocain

Vous voulez suivre le feuilleton (avec photos) de notre petite escapade marocaine ?
C'est ici :

http://rocmar09.blogspot.com/

Ça commence aujourd'hui et il y aura un nouvel épisode par jour si j'ai le temps !

141 : octobre


en octobre, recharge de la nappe phréatique



J'ai bien failli oublier de poster ces quatre photos mensuelles et traditionnelles avant de partir ! Faut que je fasse ma valise alors j'ai pas le temps de vous faire un article bucolico-lyrique à la Lompech, du coup je vous en remets une deuxième série prise le lendemain matin !


À bientôt ô fidèles lecteurs !

140 : deux monuments

L'Ensemble Inter-Contemporain à Pleyel : le décor change, le chef change (Boulez), les instrumentistes demeurent, toujours aussi bons.
Concert consacré à deux figures majeures de la deuxième moitié du XXème siècle : Stockhausen [1] et Ligeti [2]. Autant je connais bien le second pour lequel j'ai une très grande admiration, autant je n'ai pas écouté grand chose du premier qui m'a toujours fait un peu peur de par sa période sérielle pure et dure [3], ses excès électroacoustiques et sa philosophie tendance new-age ...

Trois pièces de Karlheinz Stockhausen :

"Kreuzspiel" créé en 1952 est destiné à un ensemble de 6 instrumentistes. Au centre un piano très pointilliste, jouant des notes piquées, d'une façon qui semble aléatoire (mais qui ne l'est pas), dans les extrêmes du piano. A gauche du piano, les notes chaleureuses d'une clarinette basse, à droite les notes aigres d'un hautbois.
Derrière, 3 percussionnistes créent une enveloppe assez discrète, parfois plus forte, la rythmique plus rigoureuse prenant alors le pas sur les autres instruments. Le tout est assez plaisant.

"Fünf weitere Sternzeichen" pour orchestre d'une vingtaine d'instruments (2007).
Voilà une œuvre douce, mélancolique et mélodieuse ce qui m'a bien étonné, connaissant Stockhausen comme le compositeur qui a été jusqu'à écrire un quatuor avec ... hélicoptère [4] !
Les deux premières parties semblent un requiem aussi suave que celui de Fauré. Cette comparaison n'est peut-être pas déplacée : il s'agit de la dernière œuvre du compositeur qui devait mourir peu de temps après.
La partie suivante est plus vive, de courtes phrases musicales sont interrompues par des silences de plus en plus marqués. On y retrouve un certain fumet bartokien.
Vient ensuite un surprenant petit concerto pour tuba, très burlesque, le tubiste apparaissant soudain, parcourant la scène en jouant son instrument, saluant puis s'éclipsant comme il était venu, en apparence indifférent à l'orchestre qui l'accompagne ! Cette pièce se termine avec des accents bucoliques et mystérieux. Vraiment très bien et remettant fortement en cause mes idées préconçues !

"Kontra-Punkte" pour 10 instruments (1953). Une atmosphère sérielle mais de belles sonorités orchestrales accompagnant les résonances du piano. Doux, agréable, subtil et envoûtant : me serais-je donc complètement trompé sur ce compositeur ?

Après l'entracte, deux œuvres de György Ligeti :

Je ne m'étendrai pas sur "Kammerkonzert" c'roch'notée il y a un an [5]. La deuxième écoute en concert ne m'a pas déçu bien au contraire : voilà du grand Ligeti, mais qu'est ce qui n'est pas grand dans ses multiples œuvres ?


"Aventures et Nouvelles Aventures" se situe dans la grande tradition du théâtre musical illustré notamment par Kagel et Aperghis. Trois chanteurs arrivent à nous faire croire à une histoire alors qu'ils n'utilisent que des onomatopées ! L'accompagnement musical est incongru, notamment les "percussions" (tapis battu, feuille de journal froissées ou déchirées, coups de marteau sur une table, etc.)
C'est constamment drôle, surprenant et excitant. On y retrouve en germe tout ce qui fera le génie du "Grand Macabre", extraordinaire et ubuesque opéra qu'il créera une quinzaine d'années plus tard et qui, dans la mise en scène de Roland Topor, nous avait stupéfié et enthousiasmé naguère. On espère qu'il sera à nouveau un jour monté à Paris.


[Ligeti : Kammerkonzert (finale)]

Réf.:
[1] : http://brahms.ircam.fr/composers/composer/3060/
[2] : http://brahms.ircam.fr/composers/composer/2062/
[3]
: http://crochnotes2.blogspot.com/2008/11/101-ennui-en-srie.html
[4]
: http://www.stockhausen.org/heli_pg_1.html
[5] : http://crochnotes.blogspot.com/2008/10/97-hypnose-et-saoulographie.html

139 : ferraille & jambon

À la foire à la ferraille et au jambon il y a :

de la ferraille


du bois


des conseils


du verre


des trucs de marine


des trucs de gamine


de jolies femmes


un beau garçon


et le jambon ? il était bon comme cochon !

138 : barbares

Ce concert du cycle "babel" [1] réunissait trois œuvres difficiles à lier sinon peut-être par leur "barbarisme".

"Intégrales" de Edgar Varèse, pour instruments à vent et percussions.
Varèse [2], né à Paris en 1883 est de la même génération que Schoenberg, Berg, Webern, Stravinski, Bartók et d'autres.
Alors que les 3 "viennois" inventaient et développaient le dodécaphonisme et le sérialisme, les compositions des deux derniers se distinguaient par la complexité rythmique et le recours aux traditions populaires.
Varèse de son côté, après avoir été influencé par Stravinski, prit une orientation très différente de ces célèbres contemporains lorsqu'il émigra aux Etats Unis en 1915.
Il fut un musicien d'avant-garde au vrai sens du terme, jetant aux oubliettes de l'histoire non seulement la tonalité et le tempérament, mais aussi l'atonalité des viennois qu'il considérait comme insuffisamment révolutionnaire ! Sa musique se caractérise par la disparition des notes telles que conçues jusqu'à présent, et fait la part belle au glissando, au continuum et aux micro-intervalles.
Il développe également le rythme par l'utilisation des percussions, allant jusqu'à créer une œuvre qui leur est entièrement consacrée : "Ionisation".
Enfin ses recherches sur le "timbre", la "couleur" orchestrale, les "masses sonores" et les "projections spatiales" en font le vrai père de la musique "contemporaine" et son influence fut considérable sur la plupart des musiciens de la seconde moitié du XXème siècle.
Avant-gardiste, il l'était également par l'utilisation d'instruments électroniques encore préhistoriques à l'époque (thérémine [3], ondes Martenot), mais dont il pressentait le développement considérable : il modifiera d'ailleurs certaines de ses partitions pour tenir compte de l'évolution de ces instruments !

"Barbarismes, trilogie de l'an mil" de Pierre Jodlowski.
Cet auteur n'est plus un inconnu [4].
Cette pièce pour ensemble d'instruments à vent, violon, violoncelle et percussion ne m'a pas du tout emballé au début. Mais curieusement, au fur et à mesure du déroulement de la partition, elle a fini par m'accrocher et la troisième partie était suffisamment intéressante pour regretter qu'elle se termine et regretter de ne pouvoir l'entendre à nouveau ! Vous étonnerais-je en vous disant que l'électronique qui l'accompagnait me semblait superflue ?

"Laborintus II" de Luciano Berio
Ecrite sur un texte de Sanguineti, comme l'était "Passagio" [5], cette œuvre est plus facilement accessible. L'écriture orchestrale a l'exubérance de sa géniale "Sinfonia" même si elle est moins complexe et moins longue, et la dynamique de l'ensemble de cette œuvre est intense jusqu'au bout.
Les interventions du chœur et des solistes sont très typiques de Berio, utilisant toute la palette des sons que peuvent émettre un gosier humain, ce qui en fait une œuvre très ... humaine donc très prenante.

en illustration, quelques extraits musicaux :


Varèse : Ionisation


Berio : Sinfonia (un court extrait)



A lire l'excellent éditorial du numéro d'octobre de Diapason sur la place de la musique contemporaine dans notre société.

Réf.:
[1] : http://www.cite-musique.fr/francais/cycle.aspx?id=319
[2] : http://brahms.ircam.fr/composers/composer/3262/
[3] : http://branchetonsonotone.com/2009/08/20/le-theremine-un-instrument-hors-du-commun/
[4] : http://crochnotes.blogspot.com/2007/10/53-ncessaire-perfection.html
[5] : http://crochnotes2.blogspot.com/2009/06/122-excentration-concentration.html